Histoire
Ses origines sont aussi obscures que les brumes qui entourent l’île de Terre-Neuve. Plusieurs hypothèses sont avancées dont certaines complètement absurdes comme le croisement d’un Terre-Neuve et d’une Loutre!, ou celle bien improbable qu’il soit issu de chiens américains qui aidaient les tribus indiennes à pêcher. Or les chiens primitifs de ces indiens ressemblaient plus à des loups type Spitz qu’à des continentaux à oreilles tombantes.

La plus sérieuse est celle de Mary Roslin Williams, dans son ouvrage publié en 1875 « All about the Labrador ». Les pêcheurs portugais de morues, qui s’aventuraient dans les eaux froides de l’Est américain, étaient accompagnés de « cao di castro laboreiro ». Ce chien, qui existe toujours au Portugal, à l’apparence d’un mauvais Labrador et présente une étoile blanche au poitrail, la même qui est tolérée chez le Labrador. Le nom de Laboreiro aurait été déformé en « Labrador » plus simple à prononcer et rappelant la province voisine dont il n’a jamais été originaire! Ces chiens portugais descendus des navires se seraient croisés avec la population canine locale et auraient donné naissance au « chien de Saint John ». Celui-ci était utilisé par les pêcheurs pour ramener les poissons morts échappés des filets, dans les eaux glaciales où l’homme ne s’aventurait pas. Plus petit que le Terre-Neuve, connu à l’époque comme le grand chien de Terre-Neuve, il était meilleur que ce dernier pour rapporter et ses poils courts ne se chargeaient pas de glace. En 1814, le Colonel Peter Hawker décrit une variété de chiens de Terre-Neuve : « il est rare qu’un pointer, aussi doué fût-il, soit capable de suivre la trace et de retrouver ( en anglais retrieve ) le gibier à moitié blessé aussi vite que le vrai Labrador de Saint John ». Son arrivée en Angleterre serait-elle liée aux mesures prises par le gouverneur Edwards qui en 1780 décida de limiter le nombre de chien à un seul par foyer, et en 1815, redoubla de sévérité en faisant abattre tous chiens non muselés. Devant de telles contraintes, il est certain que les Terre-neuviens se débarrassèrent de leurs chiens, et beaucoup d’entre eux traversèrent l’Atlantique pour se retrouver sur les quais de Poole, port d’attache des morutiers britanniques qui avaient remarqués les qualités de nageur et de rapporteur de ce chien de Saint John.

Si ce chien était bon nageur, ce n’était pas pour autant un chien de chasse car il manquait un peu de nez, il fallait donc remédier à cela, en le croisant avec des Setters ou des Pointers, ce que s’appliquèrent à faire différents nobles anglais dont Lord Malmesbury chez qui naquit, en 1885, l’ancêtre des lignées de Labradors noirs Buccleuch Avon qui était le type même du Labrador « tête splendide, la plus douce des expressions, un fabuleux poils double et une queue de loutre très fournie ».

Le 1er club de race fut fondé, en 1916, par la Comtesse Lorna Howe, et l’élaboration du premier standard du Retriever du Labrador. Ce standard n’acceptait que la couleur noire. Des chiens sables naissaient pourtant dans les portées, ils en étaient éliminés. « Ben of Hyde » fur le premier Labrador sable enregistré et bien d’autres suivirent jusqu’à la création du « Yellow Labrador Club » en 1924. La couleur chocolat fut beaucoup plus longue à être reconnu, car, en effet, en Angleterre, lorsqu’un chiot chocolat apparaissait dans une protée, ils éliminaient aussitôt la portée! , c’est dans les années 1970 que la couleur chocolat fut enfin reconnue. Il est probable que cette couleur soit due à la réminiscence de croisements avec des « Chesapeake Bay Dog Retriever».
Comportement
Le Labrador est gentil, bien équilibré, fidèle, facile à dresser car il est naturellement doué d’une grande mémoire, très attaché à son maître, pour lequel il aime travailler et auquel il veut toujours plaire, dont il comprend le moindre geste. Il supporte mal la solitude et ne peut se passer de présence humaine.
Bien entendu, il adore l’eau, nager est nécessaire pour équilibre. Il est doux patient avec les enfants, très sociables avec les autres animaux. Il peut faire office de gardien avec sa grosse voix et sa corpulence mais sa nature aimable reprendra vite le dessus et il fera fête au visiteur inconnu.
Il est polyvalent, et on peut l’utiliser dans beaucoup de disciplines, la première étant bien entendu la chasse où il a prouvé qu’il était des meilleurs retrievers. Son intelligence et son flair exceptionnel, l’on conduit à être l’auxiliaire de l’armée, des douanes ou de la police. C’est un détecteur d’explosifs hors pair. Il peut également servir de chiens recherche dans les décombres ou même détecter des fuites de gaz. Mais le domaine où il est le 1er et de loin est sans nulle doute sa vocation à être chien guide d’aveugle.
Santé
Le Labrador est doté d’un gros appétit qui est à surveiller car il peut devenir facilement obèse, ce qui est nuisible pour sa santé. Il a besoin de faire beaucoup d’exercice, les chiens citadins mangent trop et s’empâtent facilement. Il faut donc être vigilent sur son régime alimentaire, et prendre conseil auprès des éleveurs ou des vétérinaires.
Il faut aussi faire très attention à ses hanches, car le Labrador, est une race qui souffre encore de la dysplasie; le porter par les pattes de devant, le faire monter des escaliers ou dans un véhicule sans l’aider, les promenades trop longues sont à proscrire, prendre conseils là aussi auprès des éleveurs et des vétérinaires.
Education
Avec sa grande intelligence et sa grande mémoire, il est facile à éduquer, d’autant plus qu’il a toujours un œil sur son maître. Il faudra bien sûr lui faire comprendre qui est le maître et qu’un rappel est impératif même si quelque chose de plus intéressant l’attire ailleurs. Il faut toujours récompenser un ordre parfaitement bien accompli, car la base de toute éducation est là : Fermeté, Patience, Affection.
Conclusion
Pour conclure, où trouver un défaut au Labrador? Sa gourmandise? Mais il a tellement de qualités et brille tellement dans de nombreuses disciplines qu’il est un chien universel.